Chronique pour NOGOOD NONOISE

Nonoise Nogood Webzine par Julien Gregory, 02/02/2019

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Plus qu’un reboo(s)t !

La pochette annonce la couleur : la musique de Poste942, groupe varois (Tourves), promet d’être costaude. L’artwork représente un sanglier dans un style plutôt old-shool ; cet animal tient même plus du razorback (sanglier australien) tant le bestiau à l’air colossal et féroce. Instinctivement j’ai pensé au film du même nom réalisé par Russell Mulcahy (Highlander 1 et 2, The Shadow, Resident Evil Extinction, L’affaire Karen McCoy…) sorti en 1984. Drôle de coïncidence d’évoquer un film de 1984 car on va parler d’un classique du cinéma américain un peu plus loin dans la chronique.

Le titre de cet album est « Long replay », et là tout à coup, « ça a fait chboum là dedans !! » (deuxième indice sur ce grand classique cinématographique). Deux possibilités : soit c’est la suite directe du précédent album « Long play », soit c’est un reboot/remaster (le même en mieux pour faire simple). Finalement, il s’agit ici d’une réédition du précédent effort avec deux grosses différences à noter après comparaison.

La première différence concerne la tracklist : il y a 12 vrais titres sur cette nouvelle mouture contre 13 sur l’ancienne qui contenait une courte intro en ouverture et une courte outro en conclusion.

Au rayon des nouveautés on retrouve le très australien « 49.3 », déjà présent dans l’album de 2017, mais dans une version uploadée avec un son plus massif et un solo qui accentue l’impression d’urgence qui se dégageait de ce titre. Un choix assez judicieux qui justifie pourquoi ce morceau fait désormais l’ouverture de l’album.

L’autre changement notoire est la présence d’un inédit en guise de 12ème et dernier titre de la tracklist annoncée. Mais ce n’est pas tout : cet inédit se termine sur une « ghost-track » (troisième et dernier indice) qui constitue finalement un 13ème titre à part entière. L’inédit « Kill the princess » se conjugue très bien avec le lifting opéré sur « 49.3 ». En effet, cette nouvelle composition est menée pied au plancher (un côté Nashville Pussy/Motöhead) pour ensuite se terminer sur un clin d’œil au cinéma des années 80 … Eh non, ce n’est pas encore la reprise du hit-single « Ghostbusters » de Ray Parker Jr ! Poste 942 dégaine ses instruments pour se la jouer selon « la règle du petit Bangkok » ! Les Varois reprennent à la perfection le thème du célèbre hors-la-loi au cache-œil, Monsieur Snake Plissken, l’anti-héros par excellence de « Big » John Carpenter (New York 1997 et Los Angeles 2013). Cette mélodie reconnaissable en mille s’insère très bien dans l’ambiance de « Kill the princess » (on le devine presque tant il est bien amené). Ainsi, il ne fait pas l’effet d’un cheveu tombé sur la soupe ; ce qui le rend d’autant plus appréciable.

Quant au tube des casseurs de fantômes, le groupe le reprend à sa sauce, après un silence d’un peu plus de 2 minutes, en se faisant plaisir au maximum (changements de paroles, guitares bien groovy et un solo de guitare à tomber). Une reprise fun qui s’avère assez irrésistible. Ce qui me fait penser que je verrai bien le groupe reprendre du Status Quo ; la rencontre entre le boogie des British et le son tout en puissance des « sudistes » peut s’avérer assez savoureuse.

En ce qui concerne les autres titres, celles et ceux qui connaissent « Long play » auront le plaisir de retrouver tous les titres sur cette piqure de rappel qu’est « Long replay ». Pour les autres, ce reboo(s)t ne peut que vous réjouir car vous allez découvrir un rock varié, de qualité, parfois sudiste (« Whiskey » et son hommage au « it’s a long way to the top » d’AC/DC en milieu de morceau), parfois couillu (heavy rock sur « Color of red », « Lonely Day », « Breathe » ou hard-rock sur « 49.3 » et « Kill the princess »), ou encore flirtant avec le stoner ( « Grace », « Psycho love I & II »), l’alternatif-grunge («Pigs in Paradise ») et le punk (« Punky Booster »).

En enlevant une intro et une outro dispensables pour proposer un inédit, une reprise ghost-track hyper fun et un remaster sur-vitaminé d’un de leurs meilleurs titres, POSTE 942 nous démontre que le mieux n’est pas toujours l’ennemi du bien. « Long play » était déjà bon, « Long replay » est désormais excellent. Who you gonna listen ? Poste 942 ! Dans l’astrologie orientale, 2019 est l’année du cochon. Le choix d’un sanglier (australien ou pas) en guise pochette laisse présager que 2019 sera une bonne cuvée pour les Varois.

Stay tuned.

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