Chronique pour CORSE MATIN

#118 Corse-Matin musique par Eric Buggea, 15/02/2019

Corse-Matin version papier, supplément SETTIMANA n°1018

PLAY IT AGAIN

Les Varois de Poste 942 rééditent leur album Long Play en l’agrémentant de pistes inédites.

L’occasion pour un quintette au line up désormais stabilisé de préparer une date importante au Palais des Sports de Marseille. Une autre pour nous de reparler de l’une des meilleures galettes parue récemment

Eloignez les chochottes, remplissez les pintes, souquez les artimuses : Poste 942 en remet une couche. Bien heavy, façon tempête Gabriel, la chaleur en plus. Le combo varois a décidé de redonner des couleurs à son premier album paru pendant l’été 2017. Sans aller jusqu’à repasser ses riffs à la laine d’acier, le quintette a revu et corrigé Long Play pour mieux le redéfinir. Désormais amputé de Batavia et Le chantier, les deux courtes intro et outro du track listing originel, cette réédition, logiquement baptisée Long Replay, montre que les deux Seb (Mathieu, guitariste et fondateur, et Usel, chanteur) et leurs acolytes ont choisi d’aller à l’essentiel. Si cette réédition est l’occasion pour le quintette de remettre en lumière un premier effort salué par la critique mais injustement resté à l’écart des priorités des tourneurs, elle est, avant tout, motivée par un événement à venir : "Nous étions en train de bosser sur le second album quand on nous a proposés une date monstrueuse", confie Sébastien Mathieu. "Le Crazy Pilots Show, qui se déroulera le 23 mars prochain au Palais des Sports de Marseille. Un grand show à l’américaine avec des cascades de motos, des Monter Truck, etc. Et au milieu, un seul groupe live : nous ! Du coup, nous avons passé dix jours au studio de Bruno (Pradels, guitariste et arrangeur, ndlr) pendant les fête de Noël pour mettre à jour notre Long Play afin de proposer quelque chose de neuf à un public potentiel de 7 000 personnes."

Chasseurs de riffs Jusque là calée en milieu d’album, 49.3 fait désormais figure de morceau d’intro. Plus longue de quatorze secondes que son aînée, cette version Reboot témoigne à elle seule de l’appétit dont font preuve des musiciens qui ont régalé le public du Hangar 2A lors des deux dernières éditions du festival Rock In Corsica. Ceux qui avaient pris le train en marche retrouveront, par la suite, des morceaux d’inspirations stoner, exécutés de façon chirurgicale sans que le feeling n’en souffre une seule seconde (Devil’s Complaint, Punky Booster). Arpèges acérés (Psycho Love Part I) sinon vaporeux (la Part II), Poste 942 aligne des morceaux qui sentent la sciure des bouges du sud des Etats-Unis (Colour of Red ou le magistral Whiskey et son clin d’oeil à It’s a Long Way To the Top d’AC/DC). Ça suinte le southern rock par tous les pores et lorsque les Varois s’en éloignent, c’est pour s’intercaler quelque part entre Mötörhead, Iron Maiden et Deep Purple à travers l’inédit Kill the Princess. Près de neuf minutes au compteur, moins de quatre en réalité pour un titre qui laisse entrevoir un avenir artistique des plus prometteurs. Reste la petite surprise. Un titre fantôme qui, pour l’occasion, porte plutôt bien son nom. Le groupe sort du four sa madeleine de Proust, agite une main comme pour nous en faire humer le parfum. Retour en l’an 1984 pour un classique revisité, y compris pour les paroles. Le plaisir est communicatif, la prestation sans prétention. A l’image d’un groupe dont la musique nous donne envie d’appuyer sur une seule touche du lecteur : "repeat"

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