Mystic Punk Pinguin

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MARSEILLE (13)

Love in vain : la légende de Robert Johnson

Cette bande-déssinée retrace la (courte) vie de Robert Johnson, qui inaugura le fameux club des 27, à savoir les musiciens mort à 27 ans (Brian Jones, Jimi Hendrix, Janis Joplin, Jim Morrison, Kurt Cobain et Amy Winehouse). Même s'il a finalement laissé peu de traces (ving-neuf chansons enregistrées et deux photos), il aura marqué le blues de sa légende. Car avec si peu de témoignages, la biographie se nourrit aussi du mythe. Et en tout premier lieu du fait qu'il aurait acquis son don de guitariste après un pacte avec le diable, histoire dont il usa et abusa. Ce récit est un formidable témoignage de la vie de la population noire dans le Mississppi où il naquit en 1911. Après la mort en couche de sa femme et de son enfant alors qu'il avait à peine 19 ans, il s'enfonça dans une vie de débauche : alcool, femmes et musique. Des Railroad Gangs (chantiers du rail) aux Juke Joints (rades réservés aux noirs au mauvais alccol et aux mœurs légères), il s'y forge une une solide réputation auprès de mentors comme Ike Zinnerman. Robert Johnson multipliera les aventures d'une nuit, usera de son charme pour se faire entretenir par de nombreuses maîtresses et se vautrera dans le jeu et l'alcool. Il mourra, surement empoisonné par un mari jaloux.  Cette vie sulfureuse alimentera ses chansons, réunies en recueil en fin d'ouvrage avec leur traduction (dont la savoureuse "32-20 Blues").

"You may bury my body

Down by the Highway Side

So my old evil spirit

Can get a Greyhound bus and ride"

Robert Johnson


Dire que cette bd est une réussite est un euphémisme. Le dessin de Mezzo (auteur pour l'anectdote d'une sublime pochette d'album pour le groupe de punk marseillais Gasolheads) est bluffant. Utilisant à fond le format à l'italienne, ses cases d'un noir profond illustrent à la perfection l'ambiance de l'époque et l'âme de Johnson. On y trouve de magnifiques pages à une seule case, au dessin sombre et profond. Hyper réaliste, son trait est précis sur chaque détail, de la crasse des juke points aux robes des femmes en passant par les rites vaudous. Le récit de J-M. Dupont se fait en voix off, raconté par le père spirituel du guitariste. Le ton, complice et sarcastique, colle avec l'ambiance poisseuse et les chansons de Johnson. Sans être didactique, on apprend pas mal de choses sur l'époque, la voie des Noirs et le parcours du bluesman. Un magnifique cadeau, y compris à se faire soi même, pour tout amateur de musique.

Love in vain (Glénat)
Mezzo (dessin) et Jean-Marie Dupont (récit)

Retrouvez un interview fleuve de Mezzo dans le 7e numéro de l'excelente revue de bd AAARG!

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