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MARSEILLE (13)

Interview de Catalogue, post-punk from Marseille

Emma, Eric et Bruno forment Catalogue, un groupe post-punk marseillais qui écume depuis quelques temps nos salles de concerts. A la fois froide et dansante, robotique et viscérale, leur musique ne laisse pas indifférent. Les interviewer pour La Plateforme était une évidence, d'autant qu'on les croise souvent dans les lieux que ce soit sur scène, dans le public ou comme organisateurs. Rencontre avec des musiciens discrets, sincères et intègres.

 

Quelle est l'origine du groupe ?

-Eric: Emma et Bruno son de très vieux amis qui s'étaient dit qu'ils feraient un jour de la musique ensemble. Ils se sont perdus de vue. Quand Human Toys est venu jouer à Marseille en 2009, ils se sont retrouvés. Quand Emma a quitté Paris et  s'installer à Marseille en 2011 pour vivre avec moi, le projet de faire un groupe a germé et Bruno a naturellement été intégré.

Emma : En 2011,  à mon arrivée à Marseille, Human Toys était en stand by, puisque ma camarade vivait à Los Angeles. J'avais très envie de remonter quelque chose ici, avec Eric et Bruno. Nous avons mis longtemps à trouver une formule qui fonctionne pour nous trois. Notre premier concert date de l'automne 2013, et on s'est vraiment mis au boulot six mois avant.

- Quels sont vos parcours musicaux ?

-Eric: Emma joue dans Human Toys depuis 10 ans, Bruno Catalogue et c'est tout. Mon cdd de 14 ans avec Elektrolux se termine à l'automne sans espoir de renouvellement, l'entreprise va déposer le bilan.

- Si vous devez résumer votre musique avec des mots, qu'est-ce qui vous vient ?

Eric: Energique, tendue, dansante.

Emma : C'est difficile d'avoir du recul, ce que nous jouons est le résultat d'une vraie collaboration. Il y a un vrai côté pop je pense.

- Quelles sont vos influences revendiquées ?

Eric: Un carrefour de ce que chacun écoute, punk rock, noise, garage, electro, etc....


- Pour les non anglophones, de quoi parlent les textes ?

Emma : un peu de tout, c'est moi qui m'y colle.  Je pars le plus souvent d'anecdotes vécues, lues ou vues dans des films  et j'imagine des textes à partir de cela. L'anglais est une facilité, la musicalité de la langue m'aide à trouver les mélodies. Les textes sont souvent à la 1ere personne, mais ce n'est pas nécessairement autobiographique. Le chant est pour moi un instrument au même titre que la basse ou la guitare.. 


- Vous tournez pas mal, comment trouvez-vous vos dates ?

Eric: DIY. Un travail de longue haleine pour se créer un réseau par facebook, le hasard des rencontres en tournée, l'envie de faire jouer des groupes avec qui on a accroché ou tout simplement qu'on a envie de connaître. La mutualisation de nos contacts.

Emma : Je préfère largement jouer plutot que d'enregistrer, et nous avons chercher à tourner dès que nous avons eu des choses a faire écouter. Le réseau de Elektrolux et de Human Toys a été une aide précieuse au début et puis Bruno s'est révélé d'une efficacité redoutable dans ce domaine et son travail nous a vraiment permis de voir les choses en grand ! La tournée au Texas l'été dernier et celle en Europe de l'Est au printemps.

- Vous arrivez à vivre de votre musique ?

Eric: Non, on a tous un travail à côté, des familles. C'est juste une passion, un truc vital, viscéral.

Emma : C'est parfois fatigant de tout mener de front, les groupes qui tournent sont comme de petites équipes qui joueraient en division d'honneur. Nous n'attendons rien de plus que de nous faire plaisir.

- Vous avez tourné dans les pays de l'Est, comment ça s'est passé ?

Eric: Super. On a fait de belles rencontres. Un accueil très positif partout: on a joué sur tous les types de scènes possibles avec des groupes bien hardcore quelquefois, ça la fait. 

- Votre pire galère en concert ?

Eric: Pas vraiment des galères, des bides oui mais c'est la règle du jeu. Tu joues loin, t'es pas connu, c'est lundi... c'est normal.

Emma : Belle anecdote à Velenje en Slovénie dans un tres bon lieu. L'inge son était totalement bourré, et il a mis tellement fort que nous avons vidé la salle. En prime nous n'entendions pas la boite sur scene .. 

- Un mot votre label Relax-o-Matic ?

Eric: C'est le label d'un ami, Alban, un vieux kepon qui a sorti une paire de bons trucs: Aggravation, Komplikations, Tex Napalm, Irritones, ....Il nous a proposé de nous sortir l'album, super. C'est vrai qu'avec Catalogue, les choses se sont très vite enchainées, des bonnes premières parties, le festival B-Side, le disque dans la foulée et la tournée au sud des Etats Unis, tout ça la première année, waow. 

- Votre esthétique (pochettes, affiches ...) est très travaillée, quelle ambiance voulez-vous transmettre ?

Eric: On a fait une belle rencontre via facebook avec Marion Riotgrrl, une étudiante des Beaux Arts de Lorient. Elle a entendu nos premières maquettes sur soundcloud et spontanément,elle s'est proposée de nous faire des visuels qui collent parfaitement avec notre musique. Et c'est même devenu le sujet de son travail de fin d'année. C'est marrant,on ne s'est jamais encore rencontré! 

Ksenia Khashkovskaya, notre talentueuse amie photographe, a fait la pochette de l'album, l'affiche du tour US et un clip qui devrait être terminé et visible sous peu. . 

L'ambiance que l'on cherche à transmettre est en rapport avec notre style de musique et le fait que nous utilisons des machines: un univers urbain, mécanique, architectural.

-  Quelle est votre actualité ?

 Eric: On voudrait sortir un autre album très vite, le précédent étant épuisé alors on compose, douloureusement il faut le dire. On va faire quelques dates locales, un bout de tournée en octobre avec les Conger! Conger! sur la côte Atlantique, et on a très envie de se faire un tour au Japon en août. A suivre.


- Quel regard portez-vous sur la scène locale ?

Eric: Très riche, très vivante, très variée et très jeune. On est plutôt bien loti à Marseille, il y a de bonnes salles, La Machine à Coudre bien sûr, le Molotov, la Salle Gueule (super endroit, super esprit), le Poste à Galène qui se tourne depuis peu vers une programmation régulière des groupes locaux, l'Asile 404, Data et L'Embobineuse, plus des lieux qui émergent avec une programmation et un public différent des lieux que je viens de nommer: le Non-Lieu, la Rouille ....
Et il y a plein de bons groupes qui tournent, des gens qui se bougent pour organiser des concerts. C'est dur de suivre.


- Avec quels acteurs locaux collaborez-vous ?

Eric: On organise des concerts à La Machine à Coudre, et quelque fois à la Salle Gueule. On nous propose de jouer et on propose aux groupes qu'on aime bien de jouer également.

- Et au national/international ?

Eric: Le hasard des rencontres et des amitiés qui se sont créées. Je pense à Vagina Town de Nantes qui avaient fait jouer Elektrolux et de Human Toys au Fouloir, Sylvain des Hummigbird de Nîmes, Rauky et Clarisse des Little Green Fairy de Sète, des Doctors ou les Sweat Like an Ape de Bordeaux. Les Modern Delusion de Zagreb, Degurutieni d'Osaka, des gens qu'on a croisé, fait jouer et/ou qui nous ont fait jouer.

- Quelle utilisation d'internet dans la vie de votre groupe ?

Eric: Essentielle. Comment tu fais pour monter une tournée en France ou à l'étranger sans ça ?


- Avez-vous bénéficiez de soutiens publics pour le groupe (dispositif de professionnalisation, subventions, emplois aidés ...) ? Si oui, quel bilan en tirez-vous ?

Eric: Nous ne sommes pas dans cette démarche car, d'une part, nous ne cherchons pas être professionnel. La musique reste une passion, pas une contrainte. Etre indépendant, c'est essentiel. Ma vision, qui n'engage que moi est que ce milieu est  gangréné par le copinage et non la recherche de nouveaux talents. Aller serrer des louches, faire des sourires à des rond de cuirs qui ne comprennent rien à la musique, très peu pour nous. On se sent plus à l'aise dans une loge mal éclairée qui sent le moisi et la bière éventée. Les cachets sont moins reluisants mais les gens sont plus authentiques.

Emma : J'ai tenté d'obtenir des subs pour Human Toys, je suis allée en commission défendre notre projet, après pas mal de boulot administratif. Ca n'a pas abouti, je ne sais pas pourquoi. Au final, ca a été une expérience intéressante, obtenir des subventions, c'est un métier, il ne suffit pas de jouer dans un groupe. Il faut maîtriser un certain discours, un certain vocabulaire et je pense être co-opté, avoir des appuis. Bref, c'était pas gagné ! Au final j'aimerai surtout voir l'institution se mouiller pour les initiatives locales, les salles DIY, les festivals underground,  pour soutenir cette culture hyper riche, particulièrement à Marseille, plutôt que de distribuer à quelques uns. Je pense que ce serait plus utile. 

 

- Quels conseils donneriez vous à un jeune groupe ?

Eric: De ce que je peux voir, les jeunes groupes autour de nous n'ont pas de conseil à recevoir, ils ont déjà tout compris et se débrouille très bien comme ça. Ils tournent, font des disques. 

Emma : Amusez vous ! 


- Un disque à conseiller ?

Plein. trop. 

- Une initiative que vous voulez soutenir ?

Eric: La Rue du rock, Phocea Rock, c'est super de valoriser la scène locale tout style confondu et d'essayer de la rendre plus accessible au public, tout ça avec la bonne volonté des organisateurs et des groupes. On parlait des soutiens publics, ça m'étonnerait qu'on voit leurs représentants y pointer leur nez.

Emma: Il y a des tonnes de chose qui se passent ici, je pense aussi à Désordre Nouveau qui organise des concerts pointus, ou le festival B-Side, le Crapou fest et sa fête de la Musique alternative... 


- Le mot de la fin ?

Eric: Quelle fin ? C'est trop tôt encore.

 

http://laplateforme.audio/catalogue

http://catalogue.bandcamp.com/

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