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MARSEILLE (13)

Interview de Penny Green Shard, vidéaste de la scène underground

Penny Green-Shard fait partie des gens que l'on croise en concert. Souvent. Accro de la scène indie, tendance bruitiste et dissonnante, elle se positionne en frontline où elle peut dégainer son appareil photo et filmer. Ces Captations à l'arrachée (plus de 250 à ce jour), comme elle dit, constitue une mémoire de la scène alternative et participe à sa mise en lumière. Rencontre avec cette documentariste underground.

 

 

Quel est ton parcours, en tant que vidéaste et en tant qu'amateur de concerts ?

J'ai suivi des études supérieures en art, (licence d'art plastique et un Dnsep "art" orienté en audiovisuel). Autodidacte  en montage vidéo, j'ai travaillé dans des associations en tant que monteuse pendant 5ans. Arrivée sur Marseille en janvier  2011 je suis devenue intermittente Cadreuse monteuse, couteau suisse en vidéo pour du spectacle vivant, me spécialisant en théâtre et musique.
La vidéo sur les concerts, cela a commencé dès mon arrivée sur Marseille lors d'un concert des copains Marvin à la Machine à Coudre. Un souvenir. Le son était tellement correct pour un appareil compact que j'ai commencé à filmer un plan séquence par groupe. Et la collection a débuté.

Quel est ta démarche avec Captations à l'arraché ?


Ça a donc commencé comme une petite collecte qui donnait de la visibilité sur la scène underground marseillaise, groupe, orga, salle de concert, pour montrer qu'il se passait quand même une petite vie musicale à Marseille.(Je dois quand même préciser que je prends beaucoup de plaisir à filmer. )
 Et puis, à partir d'une centaine de groupes répertoriés, c'est devenu une collection et donc une sorte de démarche artistique documentaire qui reste évidemment subjective et non exhaustive.
J'ai ma charte depuis le début, c'est toujours la même. C'est simple. Un titrage au début, du noir et blanc, un plan séquence. ( sauf pour quelques mini multicam filmés en duo avec mon amie Clémentine) et j'édite et publie le lendemain si j'en ai la possibilité. Une question d'immediateté Je ne filme pas tout le concert. Si la première prise est bonne,  je profite du concert. Les "one shot"c'est le mieux.

Tu peux détailler ton matos et tes techniques de prises de vues ?

Pour les captations à l'arraché ? C'est juste un petit compact que je sors de la poche. Je fais une sorte de Polaroïd vidéo. Je n'ai pas envie d'avoir un dispositif imposant avec moi. Je vais peut-être investir dans un petit matériel plus "qualité ", mais l'idée est vraiment d'être sur de  l'instantané.
Je pourrais resynchroniser les enregistrements des salles quand elles en font (cf l'Embobineuse qui me l'a souvent proposé)  mais c'est pas le principe. Je ne fais pas ça pour faire des films avec une intention promotionnelle pour les groupes (un peu, beaucoup c'est sur. Nombreux sont ceux qui me remercient,  d'autres les utilisent pour leur promo aussi ) je fais ça pour moi dans un premier temps puis pour la musique. Sinon je bosse en pro et c'est plus la même chose.
Si je continue,  dans 10ans ou 20ans...je vais couvrir et retracer un joli pan de cette scène. C'est bien.

Pourquoi essentiellement des gros plan lors de tes captations ?

Cela a toujours été mon "truc" depuis bien longtemps.
Dans mon travail plastique lors de mes études,  je travaillais sur le détail entre autre. Je pourrais parler de Georges Perec et de sa "tentative d'épuisement d'un espace parisien ", on pourrait dire que je fais une tentative d'épuisement du live ?!....  Je cherche à capter le geste, l'expression, l'émotion, l'énergie, la proximité aidant. On en sentirait presque la sueur,  non?
Souvent, cela devient répétitif,  et puis sur un groupe. Paf. Ça mord. J'arrive à faire de jolis plans,  le plan séquence se tient et tu sens leur tripes....

Qu'est-ce qui motive le choix des concerts que tu vas filmer ?

Uniquement mes goûts et ma curiosité.
Je ne suis pas exhaustive et ne cherche pas à l'être.
Je ne suis pas au service des groupes. Certains ont tendance à le croire. Je tiens quand même à mon libre arbitre. Je dirai que je suis plus au service de la musique.

Que penses-tu de la scène indé locale  ?


Les jeunes groupes s'essoufflent vite. C'est normal. Les anciens (comme Conger! Conger!)  tiennent bon la rampe et nous surprennent par leur renouvellement. On attend de pied ferme le dernier Kill the Trill. On espère que Pedro fixe sa formation avec Nicolas et Mathieu avec Laydown ( Eastern commitee ça commençait bien pourtant ...) On espère que Ntwin nous revienne et que les Fillette finissent par enregistrer leurs impro-compo.
 Voilà j'ai cité deux trois copains, ça va ?!
Mais sinon,  je pense qu'il y en a pas assez. Comme le public et les salles. Pour une ville comme Marseille... On me répond toujours "c'est Marseille c'est comme ça".

 Que signifie pour toi le Do it yourself en 2015 ?


Les groupes qui ont toujours dévoré le bitume pour jouer tous les soirs aux quatre coins du pays pour se faire connaître et en option ramener un peu de quoi presser un album.
On peut citer le festival B-Side qui se débrouille pas mal avec très peu de subvention et une très jolie programmation. Le festival Strie Dent,  complètement auto financé du label Katatak qui s'oriente davantage sur l'underground. Il y a le Vortex aussi qui une très belle initiative pour informer des concerts punk rock et affiliés.

 

 Quel est le concert qui t'as le plus marqué ces dernières années ?


Sans hésiter la Colonie de vacances.... Mais alors de loin. Moi qui adore le live,  là t'es servi !!! Bon, c'est une expérience unique dans ce genre de musique mais quand même...
Dernièrement, les Swans aussi, en devant de scène j'ai bien aimé.

 - As-tu bénéficié de soutiens publics (dispositif de professionnalisation, subventions, emplois aidé ...) ?


Pour cette démarche ? Rien du tout. C'est une démarche artistique personnelle.

Tu peux nous parler de Samynaire ?


Le Samynaire ? Ben, faut surtout y aller !!!
C'est toujours les copains de Montpellier qui organisent pour l'anniversaire d'un copain. Ce n'est pas un festival,  c'est une sorte de free party noise postrock post punk....sur la plage dans le 34. Une scène,  une console, un groupe électrogène, deux guirlandes électriques et 16 groupes qui enchaînent de 22h à 8h, puis c'est Marvina qui nous fait danser jusqu'à 10h. Et c'est tout. Et c'est beaucoup. Le maître mot est autonomie pour tout le monde. On te répète d'apporter tes sacs poubelle et de ramener tout ça aux poubelles du parking. Les survivants sont invités à donner la main, nettoyer la plage,  ramener tout le matos son aux camions...

Le disque sur lequel tu bloques en ce moment ?


L'année n'est pas finie. :)
Cette année j'en ai pas un en particulier.  Poutre et Total Victory peut-être. Mais je réécoute des vieux groupes en boucle comme Joy Division ou Sloy.
J'ai un petit leitmotive avec le morceau "Thursday " de Morphine. L'année dernière c'était le dernier de Zëro.... Vraiment. ( il paraît qu'il y en a un nouveau en préparation...chic ). Et un album d' Archie Sheep et un de The birthday party.

 

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