Mystic Punk Pinguin

Structure de communication / relation presse

MARSEILLE (13)

Interview du Syndicat du Chrome, brass band afrofunk

Des allures d'affranchis classe et old school, une musique qui prend sa source entre la Nouvelle Orléans et l'Afrobeat, des featuring prestigieux (Kirk Joseph, Chinese Man ...),  le Syndicat du Chrome brasse (band) large. On retient d'eux une furieuse capacité à faire danser les publics les plus variés et un renouvellement bienvenu du genre. Rencontre.

 

- Quelle est l'origine du groupe ?

Axel (sax) : Je viens d'une fanfare parisienne qui s'appelle Tarace Boulba. En arrivant sur Marseille, j'y ai retrouvé deux anciens de cette fanfare et je leur ai proposé de monter un projet similaire, mais dans un autre registre musical. Ca fait maintenant 3 ans que le groupe existe sous sa forme actuelle.

- Quels sont les parcours musicaux des membres ? Vous jouez dans d'autres groupes ?

IL y a autant de parcours musicaux que de membres du groupe. Chacun y a d'ailleurs apporté ses influences, nourrissant et créant ainsi l'âme du groupe. Les influences vont du rock au jazz en passant par le rythm' blues, la soul et l'afro. La plupart d’entre nous joue également dans diverses formations, allant du Néo punk musette, au Reggae post lyrique engagé.

- Si on vous demande de résumez votre musique avec des mots, qu'est-ce qui vous vient à l'esprit ?

AfroFunk, chocolat, kilt, bandonéon, péridurale, le tout baignant dans une mutualité réciproque, entre le Nigéria et la Nouvelle Orléans.

- Quelles sont vos influences revendiquées ?

Nous on est assez pour l’ecclectisme. Dans l’ensemble on est très influencé par la musique de la Nouvelle-Orléans, Fela Kuti, Kirk Joseph, Youngblood Brass Band, Hypnotic brass ensemble, Annie Cordy et Plastic Bertrand (dans sa période black métal).

- En Angleterre, les fanfares d'usine tenaient un rôle important dans la culture ouvrière (cf. le film les Virtuoses), à la Nouvelle Orléans, elles font partie intégrale de la vie de quartier, comment voyez-vous leur place en France ?

En France les fanfares ont elles aussi représenté les villes, les quartiers ou les corporations voir parfois des entreprises, mais cela s'est bien perdu. Actuellement, ce terme souffre d'une connotation particulière, surannée. Ici quand on parle de fanfare, on pense souvent harmonie municipale, majorettes, lancé de bâton, et pas à la musique pêchue moderne propre au Brass Band New-Orléans, capable d’entrainer les foules. C'est pour ça que nous tenons à ce terme qui représente plus notre esprit.

- Vous tournez pas mal, comment trouvez-vous vos dates ?

En couchant.

Nous avons commencé par jouer dans la rue. Le pavé est un bon moyen de roder son jeu musical et scénique, et puis nous avons démarché les salles de la région et les festivals et au fur et à mesure les propositions sont arrivées.

Mais quand même, essentiellement en couchant.

- Vous arrivez à vivre de votre musique ?

En effet la plupart des membres du groupe sont effectivement intermittents du spectacle. Et pour compléter, on prostitue le batteur.

- On vous voit souvent dans des concerts de soutien, quelles sont les causes qui vous tiennent à coeur ?

Max (batterie): L’argent.

Axel: La légalisation du cannabis, la libération de tous les orques et dauphins du Larzac ainsi que le retour de Sarko à qui, je pense, il faut laisser sa chance.

Lio (trompette) : Plus sérieusement on est plutôt sensible à tout ce qui touche à l’écologie et au vivre-ensemble.

- Vous avez joué avec Kirk Joseph lors d'un concert torride à la Rouille, vous avez vécu ça comment ?

Axel : Ca fait partie de ces grands messieurs. c'est aussi toute une culture musicale américaine qui fait qu'une tête d'affiche accepte de venir jouer avec toi sur des morceaux avant même de commencer son propre set et t'invite ensuite à jouer à la fin de son concert sur un morceau qui se transforme en deux morceaux, puis trois puis.... La classe internationale quoi.

Max : « Il était beau comme un enfant, fort comme un homme » Dalida, 1973.


- Votre pire galère en concert ?

Jusqu’ici on a plutôt été épargné par les galères, pourvu que ça dure, inch’allah.

- Un mot sur vos costumes et à votre univers visuel (affiche, disque ..) très marqué old school ?

Exactement ! (Et une spéciale dédidace à Djibz qui a su saisir et mettre en image notre univers musical et pas que : www.djibz.com)

- Quelle est votre actualité ?

Cette année, le Syndicat s’est tourné vers l’Asie.

Made in China d’abord, avec cette fameuse tournée qui nous mènera de Pekin à Macao en passant par Nankin.

Mais aussi Made in Marseille, par un featuring avec Chinese Man sur leur dernière galette « The Journey » réalisée avec l’excellent rappeur sud-africain Tumi. Ca sort le 23 octobre, mais le pré-order est déjà dispo (digital : smarturl.it/cmr034-itunes - CD/Vinyl : smarturl.it/cmr034-cd-vinyl).  Ils nous ont proposé de collaborer sur le réarrangement d’un de leurs titres, ce fut une belle rencontre et un méchant souvenir ! Vous pourrez aussi y trouver les Scratch Bandits Crew et le copain Hugo Kant, bref, du lourd !

- Comment s'est présentée l'occasion de la tournée en Chine ?

On a répondu à l’appel à projet de l’Alliance Francaise en Chine qui cherchait un groupe Français pour une tournée la-bas, et on a été sélectionnés. Ça va être une belle aventure, et on vous ramènera des surprises.

- Quel regard portez-vous sur la scène locale ?

Clem (guitare) : Un regard langoureux, somme toute méfiant.

Lionel : Tout d'abord un foisonnement créatif que peu de gens soupçonnent de par une homogénéisation parfois problématique dans les programmations. Des tas d'artistes luttent pour créer et ensuite partager cette créativité avec le public, faire vivre les quartiers, créer du lien, et pourtant on voit de réelles difficultés ces derniers années, dues notamment à la crise qui touche, entre autre, la culture. Et à côtés de cela, des collectifs, des assos, des institutions, des collectivités, des lieux qui font tout pour que l'art et la culture vibrent dans les quartiers.

En conclusion, une vraie richesse et une vraie envie d'exister, malgré les difficultés.

- Avec quels acteurs locaux collaborez-vous ?

Essentiellement Heineken et Haribo. Et puis aussi et surtout, l’AMI avec qui on travaille beaucoup, la Friche Belle de Mai, le Conseil Général, la Région..

- Quelles utilisation d'internet dans la vie de votre groupe ?

Twitter, FaceBook, SoundCloud, Le site du groupe, La Plateforme bien entendu, des plateformes de distrib et de diffusion, Youtube. On essaie d'être présent et sur le coup, et avec encore un peu de taff, je suis sûr qu'on passera le 4ème niveau de Candy Crush ! On est aussi présent depuis peu sur BandCamp, qui est pour nous un moyen de distribuer notre EP, et très bientôt plein de goodies (Stickers, t-shirt, polo, string, capotes, pilule du lendemain etc..). Ça se passe ici http://bandcamp.com/lesyndicatduchrome

- Avez-vous bénéficié de soutiens publics pour le groupe (dispositif de professionnalisation subventions, emplois aidés ...) ? Si oui, quel bilan en tirez-vous ?

La Région, la Spédidam, le Conseil Général, …. Et c’est cool. Clairement c’est une aide précieuse. Mais on ne peut pas s’appuyer exclusivement là-dessus. Il s’agit comme tu l’as dit de soutien, mais l’essentiel réside dans notre travail et nos productions.

- Quels conseils donneriez-vous à un jeune groupe ?

Changez rien, vous êtes super !

Bastien (trombone) : Le travail. Il faut bosser dur, avoir de la rigueur et de la régularité dans le travail, ne jamais s’endormir. S’astreindre à des règles pour pouvoir s’en libérer et surtout se faire plaisir.

- Un disque à conseiller ?

2 disques marquants : "Toi, l'Avenir du Monde" de Bernard Minet et "New York City live" du Hypnotic Brass Band.

- Une initiative que vous voulez soutenir ?

Lio : Plutôt qu’une initiative, un état d’esprit : Sortez de chez vous !

Axel : Rencontrez vos voisins

Clem : Sortez de vos voisins

- Le mot de la fin ?

Merci d’abord, mais aussi et surtout : « Aimons nous vivants »

 

http://laplateforme.audio/lesyndicatduchrome

http://lesyndicatduchrome.org/

https://www.facebook.com/lesyndicat.duchrome.3

https://soundcloud.com/le-syndicat-du-chrome

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Commentaires


Brigitte Parraud

Posté le : 01/10/2015 à 22:48

Super les gars !
Bon bah... OK, j' vous aime vivants et tout chauds...