Interview de RedLight, indie rock de Marseille

RedLight délivre un indie rock peu commun dans nos contrées. Sous influences Pearl Jam mais avec des musiciens qui viennent en partie du reggae, le résultat est original et a titillé les oreilles de La Plateforme (lisez La chronique de RedLight par Yome). Rencontre avec Laurent, le chanteur du groupe.

- Quelle est l'origine du groupe ? 

RedLight s'est créé en 2007 au Rove juste à côté de Marseille, autour de Guy (batterie), Dapé (guitare) et moi-même, Laurent, (chant). Nous sommes tous des copains d'enfance et avons toujours fait de la musique ensemble dans différents projets plus ou moins sérieux jusqu'à ce que le moment propice arrive pour créer RedLight. A la base RedLight s'est forgé par la composition du premier album "Crash System Control" en home studio en découvrant la MAO et en s'amusant avec. Une fois le premier album terminé, on a rassemblé quelques autres potes et on s'est mis à faire du Live.

- Quels sont vosparcours musicaux des membres ?

RedLight est un peu une grande famille où gravitent pas mal d'amis de très longue date, chacun allant et venant au gré des envies et des besoins en gardant le noyau dur composé de Guy, Dapé et moi-même. Avec Guy nous avons eu quelques groupes en commun comme Interstellar Wave Watchers, un groupe de Rock/Grunge fin 90 avec Seb le guitariste de Beat Sayzz. Dapé a joué dans beaucoup de groupes Reggae de la scène marseillaise comme les Raspigaous, Toko Blaze, le 38 Dub Band. Denis S qui a joué de la basse avec nous était également dans Raspigaous mais surtout dans Lo Cor de la plana. Denis F a lui joué dans Sons of Gaia, Super Kemia et maintenant Chocolate Jesus. Ned a joué de la guitare dans Dawta Jena et Loic de la batterie avec IAM, Raspi et de nombreux autres comme Sam Karpenia ou Jo Corbeau. Sans oublier notre historique ingé son Gerald du Recording Studio. En fait je suis le seul a ne jamais avoir évolué dans un groupe de Reggae!

- Si vous résumez votre musique, qu'est-ce qui vous vient à l'esprit ? 

RedLight c'est la synthèse de 3 sensibilités différentes avec des points communs, c'est l'envie de créer des chansons sans se soucier d'une uniformité de style, en passant en revue les envies du moment influencées par plus de 20 ans d'écoute de musique dans des styles très différents, passant par le rock, le hip hop, le blues, le reggae ou encore l'electro. C'est donc avant tout le plaisir de composer et développer des morceaux ensemble sans se donner de limitation stylistiques. 

- Quelles sont vos influences revendiquées ?

Il y en a tellement. Je dirai pour ma part Pearl Jam qui est en quelque sorte mon groupe préféré, Pixies, dEUS, Pink Floyd, Beastie Boys, Public Enemy, Beatles et Stones, Faith No More en gros. Pour Dapé ça sera beaucoup de Blues et ce qui en a découlé dans les années 60/70. En gros on se definit un peu comme une copulation primitive entre Vedder, Waters et Chuck D en écoutant du dEUS. Un joyeux bordel quoi!

- Pour les non anglophones, de quoi parlent les textes ?

Les textes parlent de sujets très communs, on n'a rien inventé: l'amour, les peines, le quotidien, les rêves, la nostalgie etc… J'essaye toujours d'amener une dimension un peu visuelle dans les textes, comme une peinture émotionnelle. Il y a également énormément de références cinématographiques disséminées ici et là car le cinema en général est une de mes passions. Je vous laisse le soin de les repérer!

- Ou jouez vous ? Comment trouvez-vous vos dates ?

On a joué un peu partout en France, Paris, Bordeaux, Toulouse, beaucoup en région PACA et surtout chez nous à Marseille. N'ayant jamais eu de tourneur, on cherche par nous mêmes les dates quand nous sommes en période de Live (hors période composition/enregistrement). Il nous arrive également d'être contactés par des structures organisatrices de festivals ou des salles. C'est un peu le bouche à oreille, les contacts créés au fur à mesure en jouant ici et là ou en allant voir d'autres groupes en concert. Ca reste quand même assez compliqué de jouer à Marseille car il y a peu d'endroits et en France car les défraiements sont rares ne serait ce que pour ne pas perdre d'argent sur un concert. La débrouille en somme. 

- Votre pire galère en concert ?

La pire galère je pense que c'est quand on a joué au Fiacre à Bordeaux. On venait de jouer à Toulouse le soir avant, on était tous un peu crevés. Le Fiacre est une petite salle Rock en sous sol. Le son était très fort, peu précis et Guy le batteur a du monter le clic dans ses oreilles au delà du raisonnable. Résultat au moins 2 ans d'hyperacousie et acouphènes ce qui a été un calvaire pour lui mais qui nous a aussi fait calmer un peu les choses. 

- Un mot votre label ?

Actuellement, nous n'avons pas de label. Nous avons auto produit notre nouvel EP "Jukebox Vol.1", enregistré totalement en home studio, mixé par nos soins chez notre ami Denis Thery au Studio K. Nous l'avons sorti uniquement en téléchargement sur Bandcamp. On est en mode DIY complet pour l'instant après être passé chez différents petits labels et distributeurs. Sur Bandcamp, on gère tout nous même, on décide du prix, de donner par exemple l'intégralité de notre discographie (excepté le dernier EP) gratuitement. On ne sait pas de quoi l'avenir sera fait mais pour l'instant, on gère tout à 100%.

- Votre esthétique (pochettes, affiches ...) est très travaillée, quelle ambiance voulez-vous transmettre ?

Généralement, nos pochettes proviennent de photos que j'ai faites, à l'arrachée sur mon téléphone ou de photos d'amis. Juste des scènes et paysages du quotidien. J'aime bien les ambiances un peu urbaines, l'atmosphère qui s'en dégage. C'est le cas pour Crash System Control (photo faite a Marrakesh), What's Going On? (photos d'un ami faites à Marseille), Westbound Train (par ma copine dans la gare de Deauville en hiver) ou encore Jukebox Vol.1 (photo faite par moi-même en 5 secondes en attendant au feu rouge du rond point de David à Marseille). Tout vient de l'instant présent, ce n'est pas très réfléchi. Excepté pour les pochettes de Magic et Astronauts qui elles ont été faites par notre ami Rodin et sont dans un univers esthétique autre et particulier à son style. On lui avait laissé carte blanche pour l'esthétique de l'album astronauts et son art-work, histoire d'avoir un résultat un peu différent. Il a également réalisé le clip de Magic.

- Vous arrivez à vivre de votre musique ?

Non pas du tout, je crois que vivre de la musique devient de plus en plus une utopie de laquelle il faut se défaire. Malheureusement...

- Quelle est votre actualité ?

Nous avons sorti notre dernier EP 4 titres "Jukebox Vol.1" le 21 juin sur notre bandcamp. C'est un EP assez court et direct avec des morceaux peu arrangés pour pouvoir les reproduire facilement sur scène sans avoir besoin d'un attirail informatique important comme  cela avait été le cas pour les albums précédents. Nous bossons actuellement au Vol.2 et allons voir s'il est possible de jouer quelques concerts d'ici la fin de l'année.

- Quel regard portez-vous sur la scène locale ?

La scène locale Marseillaise a toujours été très creative avec diverses périodes a prédominance Reggae, Hip Hop ou encore Metal. On remarque aussi pas mal de groupes Punks et Hardcore qui défendent bien les couleurs de la ville. La rue du Rock organisée chaque année par Phocea Rocks et ou on a eu le plaisir de jouer pour la première édition, permet de découvrir beaucoup de ces groupes. Il me semble qu il y a de plus en plus de groupes Rock sur Marseille ce qui fait vraiment plaisir. Certaines petites salles comme la salle gueule ou l'embobineuse aident bien à ce que vivent les concerts Marseillais. Beaucoup de gens comme La Plateforme d'ailleurs s'investissent dans la mise en lumière et la découverte des artistes Marseillais et ça c'est inestimable. Je pense qu'une certaine union, collaboration et entraide entre les groupes et les structures est vitale pour que les groupes soient plus mis en avant et continuent de se développer pour montrer que Marseille aussi est une ville Rock.

- Avec quels acteurs locaux collaborez-vous ?

On ne collabore pas vraiment avec les acteurs locaux. Peut être car ils sont assez dur a identifier et qu on ne connait pas vraiment le rôle de chacun. Mais on serait ravi de pouvoir avoir cette opportunité.

- Et au national/international ?

Pareil, on s'est construit au fur et à mesure un petit réseau média avec quelques patenaires comme La Grosse radio, Rockenfolie, quelques radios FM locales ou encore certains webzines ou blogs qui nous suivent et avec qui on devient potes au fur et à mesure. Sinon en terme d'accompagnement, c est le néant, une nébuleuse dont il est difficile de percevoir les arcanes !

- Quelle utilisation d'internet dans la vie de votre groupe ?

On a toujours utilisé internet depuis le début du groupe en 2007 et ça nous a bien servi. C'etait au début de myspace et avant la surpopulation des réseaux sociaux. A l'époque, myspace était génial pour contacter les médias, faire découvrir sa musique. Grace à ça, on a été artiste myspace à la une avec concert à la clé au Poste à Galene, mis en avant sur Deezer à leur débuts et sur leur première compile etc… Maintenant, on se sert principalement de notre page facebook pour communiquer avec les gens qui s intéressent à notre musique et du bandcamp pour diffuser nos albums. On peut dire qu'on est un groupe assez connecté mais a t on vraiment le choix de nos jours? En tous cas, c'est toujours un plaisir de discuter avec les gens qui viennent nous laisser un mot sur notre facebook et qui partagent nos musiques (ce qui, qui qu'on en pense, est très important pour faire connaitre un groupe, vive le bouche à oreille ou le mur à mur si on peut dire).

- Avez-vous bénéficiez de soutiens publics pour le groupe (dispositif de professionnalisation, subventions, emplois aidés ...) ? Si oui, quel bilan en tirez-vous ?

Nous avons eu la chance d'être soutenus par la Mairie de notre Village Le Rove qui a participé sous forme de subvention à l'enregistrement de l'album Astronauts et aux frais du nouvel EP. Sans cela, il est très difficile de s'autofinancer. Nous remercions donc la Mairie du Rove pour son soutien à la scène locale.

- Quels conseils donneriez vous à un jeune groupe ?

Il n'y en a qu'un il me semble. Fais de la musique pour la musique et pour te faire plaisir, pas pour penser en faire ton métier ou devenir une star. Profite de ces moments de création et de partage que ce soit en studio ou en Live. Et puis surtout, entraidez vous, créez la scène Marseillaise de demain et soyez solidaires. Unis on est définitivement plus forts.

- Un disque à conseiller ?

Je conseillerai les 2 nouveaux morceaux de Beat Sayzz, du rock electro un peu funky fait par de bons potes à nous. Sinon toute la liste des groupes qui jouent à la Rue du rock, il y a de quoi faire et pour tous les gouts. 

- Une initiative que vous voulez soutenir ?

La Rue du rock justement qui est une super initiative donnant, un lieu original et l'opportunité aux groupes du coin de faire découvrir leur musique et surtout de passer un bon moment entre groupes, bières et public toujours enthousiaste. 

Votre site La Plateforme également qui est une bouffée d'oxygene pour les artistes marseillais. Donc merci à vous!

 

http://laplateforme.audio/RedLight

https://www.facebook.com/OfficialRedLight

http://https//redlightofficial.bandcamp.com

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