Interview du groupe Macadam Bazar

Les Macadam Bazar sillonennt les routes avec "Guinguette sauvage", leur camion scène. Leur musique ne connait pas de frontière et mêle chanson, rock et rythmes du monde. Rencontre.

Quelle est l'origine du groupe ?

Martin (accordéon, sax et chant) : Et bien comme beaucoup, Macadam Bazar est, à la base, un groupe formé sur les bancs du lycée... Cela dit ça fait maintenant 10 ans ! Nous avons commencé à apprendre la musique en même temps que le groupe, pour ma part par exemple, je ne faisait à l'époque qu'un tout petit peu de guitare (mais j'étais motivé !!!)... l'accordéon et le sax c'est venu plus tard! 

- Quels sont vos parcours musicaux ?

Martin : Alors c'est assez différent selon les membres du groupe. Disons qu'en gros Pablo (guitare), Milka (guitare / trombone) et moi avons essentiellement appris en "autodidacte" à partir de nos 17/18 ans en jouant dans les nombreuses et diverses soirées qui jalonnèrent alors nos vies !  Julian le batteur a derrière lui un solide parcours étant donné qu'il accompagnait son père en musique brésilienne depuis l'age de 12 ans ! Jacotte (violon) et Curtiss (basse) ont également derrière eux plus de 20 ans de musique que ce soit au conservatoire ou alors avec différents groupes. Aujourd’hui Jacotte, Pablo et moi avons un groupe parallèle, le "Zoulouzbek Band" dans lequel nous faisons principalement des reprises de musiques populaires à chanter et à danser. Julian quand à lui fait parti en tant que percussionniste d'une troupe de spectacle de rues.

- Si on vous demande de résumez votre musique, qu'est-ce qui vous vient à l'esprit ?

Martin : "Rock World alternatif", "Chansons coloriées", "Punk du monde"... ces idées là nous plaisent pas mal !

- Quelles sont vos influences revendiquées ?

Pablo (guitare,chant) : Elles sont vraiment multiples au niveau musical, nous sommes six musiciens venant chacun d'univers très différents, ça peut donc aller de la java des bals musettes à Rage Againt The Machine en passant par la musique tzigane , bref c'est assez difficile à définir ! Si il y a une influence revendiquée elle se situe plutôt au niveau du fonctionnement, ce coté " do it yourself " qui a vu le jour à la fin des années 80 avec des groupes comme les Béruriers Noirs , les Garçons Bouchers, les Têtes Raides et aujourd'hui les Ogres de Barback. Mettre en commun ses économies pour acheter un camion qui sent la chaussette pour aller faire des concerts dont les recettes serviront à l'enregistrement d'un premier disque, le vendre soi même pour faire imprimer quelques affiches etc...C'est cette envie d'autonomie qui nous a poussé à faire l'acquisition de la "Guinguette Sauvage" notre camion scène, quand on a vu les Ogres partir avec le chapiteau Latcho Drom on s'est dit waow ! C'est du beau, on va tenter cette aventure là !      

- De qui parlent vos textes ?

Pablo : C'est souvent un espèce d'instantané d'une situation ou d'une émotion vécue, ça peut venir de la beauté de la fête, d'un copain qui a pas le cœur à rire, d'un énervement suite à l'actualité, d'une fille qui s'en va ou qui est revenue ! C'est un peu du quotidien qui est mis en notes puis restitué le soir venue sur scène.   

- Vous tournez pas mal, comment trouvez-vous vos dates ?

Martin : Nous avons un manager, Stéphane qui depuis quelques années s'occupent de nos dates. Il a également créé son propre label, le label "Ekbelek". On a essayé de se structurer un maximum pour pouvoir organiser nos tournées... Mais cela dit, le bouche à oreille marche aussi toujours très bien !

- On vous voit souvent dans des concerts de soutien, quelles sont les causes qui vous tiennent à cœur ?

Martin : Ils n'y a pas une "cause" plus importante qu'une autre. Dès qu'on peut aider les copains à soutenir un combat qui nous semble juste, on y va. Par exemple le RESF (Réseau Education Sans Frontières) de Martigues qui milite notamment pour la régularisation des sans papiers , le collectif "Istres pour la Palestine"...  mais aussi tout simplement différents cafés associatifs ou associations qui se battent pour faire vivre leur quartier, leur village... il n'y a pas de petit combat !

- Votre pire galère en concert ?

Martin : Jouer par - 3 degrés... Se faire refuser l’accès à la scène après avoir slamer dans le public... Le coup classique de l'ampli guitare qui lâche au tout début du concert... Se faire couper par la police en plein milieu du concert... Jouer en dernier dans un festival à 6h du matin... Avoir la sono qui se coupe une minute sur deux alors qu'il y a plusieurs milliers de personnes devant. Bref... ils y en à tant!

- Vous arrivez à vivre de votre musique ?

Martin : Il y a peu, nous étions tous intermittents du spectacle... Aujourd'hui c'est plus compliqué ! Grace à notre 2ème formation, le "Zoulouzbek Band", Jacotte, Pablo et moi parvenons à nous en sortir, Idem pour Julian. Curtiss a quand lui retrouvé du travail, Milka a repris ses études.

-  Quelle est votre actualité ?

Pablo : En ce moment c'est l'hiver c'est donc le branle bas de combat des coups de téléphones, du démarchage pour repartir sur les routes à partir des beaux jours. Il y aura aussi trois belles soirées au mois de novembre avec les copains du groupe Pense Bête et la Mine De Rien les 26, 27 et 28 à Montpellier, à l'Usine d' Istres ainsi qu'au Kféquoi de Forcalquier. Pour ce qui est du Zoulouzbek Band on joue tout les weekend puis on va repartir en tournée dans le ch'nord et en Belgique début novembre et pour suivre un peu tout ça, y a le site internet :http://www.zoulouzbekband.com/. En gros pas le temps de s'ennuyer ! 

- Quel regard portez-vous sur la scène locale ?

Pablo : Et bien vu qu'on est pas mal sur les routes, c'est vrai qu'on a un peu moins l'occasion d'allez découvrir des groupes en live par chez nous , par contre on croise pas mal de nos "frangins" avec qui on partage la fête : les Vols à la Soviets de Montpellier, la Caravane Namasté d' Avignon , les Locomotiv Express à Saint Chamas, les Ciao Tympans à Forcalquier , avis aux lecteurs, allez jeter une oreille sur le web, c'est que du bon !

La scène locale au niveau musical, elle se porte donc plutôt bien, et puis il y a pleins de petits groupes qui sortent des locaux de répet chaque jour, le soucis c'est que la culture n'est pas franchement une priorité ces derniers temps, quand on voit que plus d'une centaine de festivals ont mis la clef sous la porte cette année, que les petits lieux peinent à se maintenir en vie faute d'aides de l'état, ça fait serrer les dents...Malgré ça, on voit aussi plein de chouettes lieux qui fleurissent dans le coins : L'Electrode à Miramas , La Grange du Clos Ambroise sur Saint Chamas , le café associatif de Lauris pour lequel on est "tombé en amour"...alors de voir des gens motivés qui y vont à grand coup de sueur et de motivation bien que le contexte soit des plus ardus, ça donne des bouffées d'optimisme !! 

- Avec quels acteurs locaux collaborez-vous ?

Pablo : Il y a l'Usine d'Istres qui nous aide énormément depuis le début ( résidence, première partie, soirée carte blanche...merci Richard ! ), le Kféquoi de Forcalquier ou on a pu enregistré le dernier album lors d'une résidence ( merci Mr Brown ! ) et puis tout les cafés, salles de concerts, bistrots qui veulent bien de nous.  

- Quelles utilisation d'internet dans la vie de votre groupe ?

Martin : Alors nous avons évidemment un site internet, un Facebook, une chaîne youtube etc... Internet nous permet d'être en contact directement avec le public même lorsqu'il n'y a pas de concerts ... c'est toujours agréable de recevoir des messages ... et d'y répondre ! D'un point de vue professionnelle c'est bien sur primordiale pour le démarchage des concerts. Cela dit j'ai tendance à préférer la méthode "à l'ancienne" : jouer et se faire repérer par un programmateur de salle ou de festival. Nous sommes également diffusé sur pas mal de webradio et site d'écoute.

- Avez-vous bénéficiez de soutiens publics pour le groupe (dispositif de professionnalisation subventions, emplois aidés ...) ? Si oui, quel bilan en tirez-vous ?

Martin : Oui, que ce soit au niveau local avec la mairie d'Istres qui nous soutient depuis le début, régional et même européens, nous avons pu bénéficier de subventions. Notamment pour l'achat de notre camion-scène la "Guinguette Sauvage". Ça nous a vraiment permit de booster notre projet, nos aventures, mais il ne faut pas oublier que le plus gros des investissement et personnel.

- Quels conseils donneriez vous à un jeune groupe ?

Martin : Jouer, jouer, jouer et re-jouer ! Partir en tournée, vivre l’aventure du groupe à fond! Ne pas s'enfermer dans le local de repet' pour chercher à avoir le "set parfait". La musique ça se vit sur scène!

- Un disque à conseiller ?

Pablo : Même trois ! L'album Voce a Mano d' Allain Leprest avec Richard Galliano, c'est de l’accordéon/voix sans filets avec des bijoux de chansons. Orphans, Bawlers and Bastard de Tom Waits, un triple album remplie de pépite qui arrache et puis pour finir, le live d'Oxmo Puccino à Radio Nova qu'on peut retrouver sur http://www.dailymotion.com/video/x1elo33_nova-sessions-2013-oxmo-puccino_tv .

- Une initiative que vous voulez soutenir ?

Martin : La création d'un café associatif à Martigues par nos amis de l'association "Tous aziluttes". Comme disait je ne sais plus qui, "change ton quartier avant de changer le monde"... Un café c'est un lieu d'échanges, de discussions, un point de départ pour d'autres projets, d'autres luttes.

- Le mot de la fin ?

Martin : A dans 10 ans !

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