Africa Fête à Marseille 2016

 Gilles Arsène TCHEDJI

 

 Culture

 

 23 June 2016

 

Les rideaux sont tombés sur la 12eme édition du festival Africa Fête à Marseille. La clôture réunissait sur scène de grands artistes aussi bien en journée que tard le soir. A l’affiche : Prince Diabate et Jeff Kellner…, Mariama, Oum, Gasandji et Féfé. Tous ont été à la hauteur des attentes du charmant public marseillais.

La clôture de la 12e édition du festival Africa fête a été une belle fête à l’africaine. Tout dans la programmation renvoyait aux rythmes et tambours du continent noir. En prélude à la soirée mémorable vécue, le village du festival a d’abord vibré aux rythmes et percussions de Prince Diabate et Jeff Kellner. Un spectacle en plein air qui emporte dans un voyage envoûtant sur les îles et dans les terres arides de l’Afrique. Si d’un côté, Prince Diabaté, joueur de Kora, chanteur et compositeur de Guinée Conakry propose sur scène du Kamelen n'goni et de la Kora, Jeff Kellner qui a collaboré avec les Touré Kunda, Salif Keita, Tony Allen, Souad Massi, l’accompagne à la guitare magique. Un duo surprenant qui marie savamment bien leurs instruments, donnant un goût singulier à la World music.
Lorsque 20 heures sonne, le cours Julien sis au même emplacement que le village du festival, ouvre ses portes aux festivaliers, c’est comme une suite du spectacle que l’on enchaîne jusqu’au petit matin. Quatre artistes sont à l’affiche : Mariama, Oum, Gasandji et Féfé. La Sierra léonaise, Mariama emporte dans son univers soul acoustic avec une voix envoûtante. Une surprise du festival. Mais pour ceux qui la connaissent bien «son nom témoigne assez bien de son rapport avec la musique». En réalité, informe-t-on, «Le nom de cette jeune artiste signifie : Don du ciel» et donc c’est tout naturellement qu’elle séduit avec ce don du langage et du rythme. La chanteuse Marocaine Oum, belle comme une fleur de printemps ne fera pas elle aussi, moins d’effet dans cette salle des cours Julien, pleine à craquer. Elle présente une musique différente de ce qu’on a vu jusque-là. Partie comme dans la douceur des vents câlins du désert, l’artiste fait plus tard monter la température avec le concours des musiciens cubains et hollandais qui l’accompagnent sur scène. Un pur délice !
L’autre tête d’affiche très attendue, c’est Gasandji. Egale à elle-même, elle fait bouger la foule. Dakar l’avait eue il y a quelques mois et en garde un bon souvenir, Marseille l’a vue cette fois-ci et son talent reste identique si ce n’est qu’elle s’est bonifiée encore. Avec Gasandji, on ne s’essouffle jamais, alors que son rythme vous fait bouger dans tous les sens et à tout rompre. Un véritable état  de transe dont elle est la seule à en avoir le secret. Une sacrée artiste cette Gasandji ! Et lorsqu’elle se fait suivre par Féfé du mythique groupe Saiën Supa Crew, la musique à cette heure tardive de la nuit, électrocute chaque spectateur, à tel point que Africa Fête prend tout son sens.Des tubes comme Angela,  Jeune à la retraite, Dans ma rue, s’enchaînent dans une ambiance de gaieté. Lorsque Féfé décide également de partager des morceaux de son nouvel album «Soldat Fou», la soirée devient encore plus colorée. Puis, plus personne ne veut voir la fête prendre fin. Même l’artiste annonce à plusieurs reprises le dernier morceau, sans jamais terminer d’en offrir à ces fans qui en redemandent toujours. Ces derniers sont tellement scotchés, qu’il a du mal à partir de la scène. Pourtant, dehors, le jour se lève déjà et il était temps de faire tomber les rideaux de la 12eme édition d’Africa Fête. Le rendez-vous est pris pour 2017. Une édition qui coïncidera avec le 10eme anniversaire du décès de Mamadou Konté, l’initiateur de ce rendez-vous culturel.

arsene@lequotidien.sn

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