Les Robots Zombis du Futur - Pas si irresponsables que ça...

Chronique de l'album "Pour une poignée de boulons" (2011)
parue initialement le 9/11/2011 (SounMusic)

Au delà d'un nom d'artiste, ma foi très original, se dégage du 2ème opus de ce groupe venu d'Aix en Provence une douce senteur lounge mélée de conceptions rocks et d'électroniques 70's purs. Et "pour une poignée de boulons", nous aurions tord de nous en priver...

Des mélodies lounge, on retrouve la sensualité à son essence même. Par les sonorités rocks (certaines rythmiques et surtout les distos), nous touchons du doigt une efficacité radicale. Tandis que, des accents électroniques (rappelant la robotique vue des années 70-80) nous percevons quelques réminiscences nostalgiques du futur telles qu'on les voyaient à l'ère irrémédiablement résolue du tout analogique...

La quasi totalité des vocaux semble provenir de dialogues et voix off du 7è art... Si l'on ne reconnait pas nécessairement les extraits, l'esthétique sonore de ces plages vocales (sons, souffles et ton de l'orateur) rappelle le cinéma des années 50-60 ("Invincibles" en est un parfait exemple)...

Et plus en détail, on retrouve avec ces samples mélés de scratchs 90's, l'esthétique et une certaine dramaturgie mélodique d'IAM sur "L'école du micro d'argent" (particulièrement sur "L'ennui").
Sur "L'envol", ou encore "From yourself", on croirait presque écouter l'adaptation d'un morceau de Air par DJ Ravin produisant un énième "Buddha Bar"... Bref ça s'écoute avec un bon petit verre, lumière tamisée et en fort bonne compagnie... Sensuel je vous dit.

Au sujet des vocalises en elles-mêmes... l'interprétation manque parfois de mordant ("From yourself"), même si la justesse flottante des cordes vocales peu rappeler un Lou Reed ou un Morrisson en état de transe (écoutez l'excellent "Catch me")... Les arpèges de guitares insufflent une tendresse dans les boucles Midi, les distortions plus rock ré-arment la dynamiques des instrus. Les percus proches de l'acoustique par moments, plus typése trip-hop à d'autres, ou encore la diversité des sonorités synthétiques (en nappes ou en soutien de l'ensemble), tout est parfaitement jaugé et mis en valeur par un editing à la fois original et populaire (dans le bon sens du terme). La noirceur volatile de "Invincibles", apporte un paradoxe à l'album. Le titre accompagnerait parfaitement une scène d'action de polar mais en même temps il s'écouterait tout aussi bien en découvrant du bout du doigt, la peau douce et fragile d'une femme. Mais je m'égare et me laisse aller à des ressentis personnels. Excusez ce relent de tendresse printannière s'éprenant de moi en cet automne étonnement doux.

"Spleen". Encore une mélodie aguicheuse (encore dans le bon sens du terme). Des distos comme les utlisaient nos bon vieux Daft punk, entremélées de touches subtiles de piano à la Satie... Atmosphérique là encore.

Sur "le Fil blanc" qui clôt l'opus, les guitares et la rythmiques rappellent un vieux Creedence Clearwater Revival revisité par ZZTop. Bref, il y a des barbus dans l'affaire ! Un titre encore une fois magique, modulant entre les ondes passées et futures, que, pour ma part, j'aurais disposé sur une autre plage de la galette... Bien qu'à l'ère du mp3, du p2p et de la consommation de masse de fichiers épars, malheureusement, la disposition de la tracklist ne semble plus vraiment avoir d'importance, ni même de sens. Tout se perd... Et je crois vraiment que je deviens vieux en m'exprimant de la sorte...

Bien loin des vibrations musicalo-atmosphériques boulversant les esgourdes et émois du chroniqueur objectif que je m'efforce d'être, il faut bien avouer que les Robots Zombis savent titiller les tympans des mélomanes aguéris comme ceux des consommateurs effrenés et qu'ils distillent leurs sons plutôt bien...

En attendant la suite...

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