Zomething - Un zeste de rock 90's au 21è siècle

Chronique du EP "Suite logique" (2015)

Un quatuor de "jeunots" des Hautes Alpes à l'avenir dores-et-déjà plutôt bien dessiné. Un rock direct et non sans quelques fioritures bien senties sonnant furieusement seconde moitié des années 90. A en croire les photos disponibles sur leur site web, c'est toute leur prime jeunesse qu'ils revisitent là.

Une entrée en matière Rock Celtique à la Matmatah, à laquelle vient s'adjoindre un riff plus reggae/ska rappellant un peu Sinsemilia. Un pont à la guitare acoustique, un texte plutôt bien écrit, avec une versifiation simple, efficace, directe et non sans quelques touches d'humour. 

"Vivre au présent sans plonger au delà du temps... " une belle philosophie soulignée par un thème mélodico-rythmique vif et précis qui donne la banane même après une journée un peu morose. Ils ont saisi le truc.
Un grain de voix déjà bien défini, une clarté légèrement rocailleuse qui manque peut-être encore un peu de caractère mais qui, porté par une interprétation particulièrement enlevée, se révèle prometteur. Ca et là quelques légères approximations de justesse sur les notes tenues du refrain de "Benny" mais qu'importe.

"Benny" justement. Sans doute le titre le plus cliché de l'album. Un bon texte et bon arrangement ne sauvent pas une mélodie un peu facile rappelant Kyo sur le refrain. Un phrasé plus hip hop casant un gros nombre de mot dans les séquences mélodiques. J'aime bien ce phrasé d'ailleurs qui me rappelle, mais c'est très personnel, Thierry Blanchard. Assorti d'un long fade out, renforçant l'aspect un peu terne de la plage, j'ai aussi la sensation que la ligne vocale est un poil trop en avant.

"De jour en jour", pur rythmique binaire, pour le coup on se trouve plus dans un post punk du début des années 80 ou la section rythmique peut dynamiser la piste et se suffir à elle-même. Pour autant le texte est là encore bien vu, bien inscrit dans l'ère moderne d'un monde en crise mais la noirceur du thème est effacée par le tempo enjoué. Chez Zomething, il faut le dire, tout est parfaitement en phase, carré, précis... On sent une fusion réelle entre les 4 membres. Et gros gros avantage, la production globale n'atténue pas cette impression. Le mastering est très propre, il faut bien le dire, mais sans donner cette impression de "formatage" que l'on trouve chez bien des concurents directes du groupe. Zomething garde son identité aussi sur disque. Ca parait étonnant de souligner ça, mais c'est devenu assez rare. Et sur scène, une première partie de Skip the use, ce n'est pas rien quand même.

L'atout majeur de Zomething c'est la subtilité des passages entre les genres. Je le disais, Rock, Reggae, Ska, mais aussi Punk ou Métal et même quelques nuances Psychédéliques le tout souligné par une prod' Pop FM plutôt soignée. En témoigne "Le bon vieux Renard", point d'orgue de l'opus constuit en 4 parties bien distinctes et pourtant juxtaposées de manière parfaitement fluide. Notez le pattern de batterie sur la partie finale rappelant les grandes heures de John Densmore. Un petit côté Noir désir aussi sur cette zone du morceau. Si le groupe doit se renouveller (sur disque) dans le futur c'est surement dans ce type de morceaux qu'ils gagneront en force tant les genres entremêlés semblent être maitrisés.

Cet EP est un petit bijou d'énergie pure et fraiche, ne délaissant pas pour autant la qualité de la plume, aux arrangements et à la production soignée. Très prometteur.

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