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Chronique du single "Westbound Train/Casanova" (2012)

Dans la galaxie Rock, il est une dimension qui manque rarement de mordant et se décline dans presque autant de sphères qu'il est de groupe à s'en réclamer : l'Indie. Les marseillais de RedLight explorent donc cette catégorie et déposent sur La Plateforme l'intégral de leurs productions, également téléchargeable en PayWhatYouWant sur BandCamp.

Après un rapide tour d'horizon des différents albums et singles disponibles, je m'arrête donc sur ce 2 titres Westbound Train/Casanova. Parcequ'il est le premier que j'ai écouté. Et pourquoi celui-là ? Une construction graphique du visuel de l'album particulièrement marquante, me rappelant personnellement l'esprit du célèbre Diesiel & Dust des Australiens de Midnight Oil. La température de couleur rappelant les bons vieux westerns peut-être, ou le côté no man's land... Et puis quand on presse la touche Play, quatre premières mesures rappellant les vieilles loco à vapeur de la conquète... de l'Ouest ça va sans dire. Le visuel était en effet une voie ferrée... oui mais électrifiée ! Je crois que le premier point d'accroche est là, j'ai trouvé ça marrant.

Alors avec ce premier titre, le quatuor n'invente rien. "Westbound Train" c'est du Pearl Jam (ou du SoundGarden) purement et simplement revisité. Et n'est pas Eddie Vedder qui veut. Les lascars s'attaquent à du franchement lourd. Mais punaise ils le font bien ! Une rythmique bien lourde diablement imprimée par une pleine association basse/guitare à la manière des glorieux ainés. Ici, la basse est bien plus collée à la ligne de base de guitare qu'à la section batterie dont le pattern, sans démonter aucun précepte du genre, envoie clairement du lourd. Pas de réelle originalité dans le développement mélodique mais les break un peu attendus arrivent tout de même à surprendre ! Vocalement bien habité et rocailleux, là encore l'influence des grands frères de Seattle est palpable. Mais ça ne manque pas de panache, on n'est pas dans une pâle copie. Réussi, même si l'on note une production un peu brutale, notamment dans les aigus.

Alors vous me direz, ok les gars ont des références, du savoir-faire, mais tant qu'à faire autant s'envoyer un bon vieux No Code hein ! C'est là qu'il est bon de se pencher sur la seconde facette de ce single... On a tous une idée plus ou moins claire de qui était Casanova. Séduction, libertinage... entre luxe et volupté, grandeur et décadanse. Un personnage dont on ne sait plus vraiment différencier la légende du réel... Et nos RedLight pondent ici un titre aux accents de rock lascifs et profondément mêlés de psychédélismes. Leur "Casanova" est sombre et sensuel. Personnellement ça me rappelle le projet musical du duo Akerfeldt / Wilson (Storm Corrosion), avec un arrangement lumineusement morbide. Avec cette voix légèrement plaintive délicatement susurrée autours de laquelle s'articule le morceau aux riffs labyrinthiques, ces incursions de piano dissymétrique, qu'on croiraient extirpés des films expressionistes allemands des années 20 et que Gainsbourg en son temps avait su mêler à son oeuvre. Et puis il y a cette redondance chantée à la tierce "Echoes into the night"... comme un cri venant déchirer la nuit... L'arrangement est tout bonnement lumineux, rien ne semble laissé au hasard, chaque couche d'instrument vient caresser le thème mélodique à rebrousse-poil créant irrémédiablement une sorte d'atmosphère sulfureuse un brin déliquescente. Et l'on ne se sent pas pour autant emprisonné dans un mauvais rêve non... on y va gaiement et on y prend plaisir. Ca pourrait durer 5 minutes de plus qu'on ne serait pas plus dérangé par cette émanation un peu pesante. Une sorte d'envoutement ? Oui sans doute.

Alors oui, recommandons ce single, bonne porte d'entrée vers l'univers de RedLight dont vous retrouvez 3 albums, 2 singles et quelques vidéos sur VOTRE Plateforme.

 

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