Lolicon - L'énergie pure du Rock actuel

Chronique de l'album "Black Jack" (2007)
parue initialement le 9/06/2010 (SounMusic)

Si Lolicon n'invente rien musicalement, si la production est on ne peut plus formatée, impossible de ne pas noter quelques points d’excellences tout de même pour ce groupe de Gardanne (13). En tout premier lieu, arrêtons-nous, une fois n’est pas coutume, sur le chant. Avec des lignes vocales assez simples mais terriblement efficaces, Médéric dynamise l’ensemble musical avec un grain qui lui est propre, agréable, précis, juste et sans « railleries » inutiles. Ajoutons à ça une vraie réussite au niveau des choeurs dont les harmonies rappellent le Foo Fighters de la grande époque (bien qu’aucun des membres du groupe ne cite spontanément le groupe de Dave Grohl dans ses influences majeures).

S’ils surfent sur une écriture fine et subtile, avec une excellente versification, les thèmes sont peut être un peu naïfs. Cela dit, Lolicon choisi le français et ne tombe pas dans la niaiserie, c’est déjà une performance quand on compare à ce que nous proposent les FM. Mais le rock n’est pas, en général, réputé pour la portée philosophique de ses textes, anglophones ou pas… Et des textes comme "Black Jack" sont réellement bien écrits, originaux et parfaitement mis en musique. Bonne alchimie donc. Les guitares, aux distos profondes et grasses, envoient du bois comme on dit. Les deux guitaristes, maîtrisent manifestement leur sujet. Question arrangements, on attendrait, peut-être, une plus grand complémentarité, les lignes se mutualisent  plus qu’elles ne se répondent. On regrettera d’ailleurs l’utilisation du son clair, distillé ça et là sur l’album, mais globalement plutôt laissé de côté. Les leads sont souvent un peu fades (le mixage les laissent d’ailleurs un peu en arrière). En fait chez Lolicon, les guitares font partie intégrantes de la section rythmique. Les lignes de basse sont plutôt réussies. On sent le talent derrière, peut être que ce talent pourrait être exploité un peu plus. Par moment, le bassiste pourrait surement faire plus que soutenir les rythmiques de guitares. La batterie joue son rôle habituel, un tempo soutenu, pas de fioritures, pas d’excès, c’est juste carré.

Dans le détail des titres, l’album s’ouvre sur "L’envers du décor". Le titre sonne Foo Fighters incontestablement, jusque dans le pont qui rappelle lui, quelque part, Nirvana. Un titre qui balance. Peut-être trop « tubesque » dans l’esprit, mais on aimerait plus de tubes dans cette veine, en rock, en France. 

"Otage" et "Rocksound" sont peut être plus décevantes. Quelque part entre Lofofora et Rage Against the Machine, ça déménage (c’est ce qu’on demande au rock), mais pas le supplément d’âme perçu sur les titres précédents. Deux morceaux qui doivent véritablement prendre leur ampleur sur scène, avec la double pédale de grosse caisse, et la ligne basse qui suit. On y trouve tous les clichés du genre pour la voix : échos/reverb’ sur le refrain, modulation de fréquence sur quelques passages…

S’en suit "J’en rêve encore" et son refrain Rock FM pur, juxtaposé à une rythmique lancinante sur le reste du morceau. "Le poids des mots" est le titre le plus « dur » de l’album, le seul d’ailleurs où la voix se fait rocailleuse par moment. Sur le reste, les compositions sont, peut-être, moins simplistes qu'elles peuvent paraître ("Schizophrène" ou "Change de style" distillent quelques moments de grâce). Mais dans l'ensemble c'est du déjà (trop) entendu. Le son est surement trop formaté pour cette Prod typique de studio, manquant de "vivant", de "crasseux"... Sur scène, débarrassés du son trop bien léché, les morceaux prennent forcément une réelle envergure et l’efficacité de Lolicon s’en trouve à coup-sûr décuplée. De toute façon la musique se vit plus qu’elle ne s’écoute, rien de tel donc que de vivre LOLICON en live.

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