Copernic - Douces senteurs de la fin des 60's

Chronique de l'album "Here comes trouble" (2014)
parue initialement le 15/06/2014 (Sens Critique)

Il faut bien l'admettre, ce 1er opus de Copernic est un véritable coup de maîtres. En 6 titres de rock explosif teinté de blues et mêlé de touches psychédéliques bien senties, le combo d'Aix en Provence (13) nous happe inexorablement dans son monde de la première à la dernière mesure (et même au delà).
Peut-on parler de Révolution Copernicienne pour autant ? On serait tenté de répondre : Oui, si l'on considère la révolution comme une somme d'influences passées, ressurgissant ensemble pour un monde [musical] meilleur.

Production, il faut bien le dire, parfaite dans son ensemble. L'interprétation est puissante et ambiante à la fois qu'il s'agisse des lignes vocales, rappelant souvent Jim Morrison (mais aussi Bertrand Cantat), ou du formidable ensemble basse/batterie fonctionnant comme un tout homogène. Les guitares, précises en terme de jeu, et aux sonorités 60's assumées, envoient du lourd comme on dit, un peu à la manière de Wishbone Ash (particulièrement le titre éponyme de l'album).

Il y a tout. Les morceaux les plus Pop savent bifurquer dans des ambiances sombres et parfois totalement inattendues, et les titres psychés savent rester dans une dimension accessible aux néophytes du genre ("Run").

On apprécie également les percussions, apportant au rock un aspect moins rugueux, plus volatile. La légèreté, c'est peut-être ce qui caractérise cet EP pourtant résolument nerveux et barré. Cette antinomie est particulièrement caractérisée sur le très court (mais se suffisant à lui-même) "The ground"... rappelant vaguement le groupe Archive. Quand à "Terry Benson", il vous envoûte de par sa section rythmique et cette basse qui sur le refrain s'accorde à la quarte avec les guitares... Simple mais efficace cet arrangement. On oserait presque dire que la réussite de cet EP provient justement de ses choix d'arrangements.

Au risque de passer pour un hurluberlu farfellu, j'ose le dire... Jim Morisson est vivant ! Sisi, je vous assure, il est tranquilou en pleine session jam, avec Copernic sur "Cloudy Afternoon". Et je me demande même si Lou Reed, n'est pas aussi dans le coin. De toute façon les légendes ne meurent jamais, et pas seulement dans la mémoire collective. Parfois elles se réincarnent, le temps d'une chanson, d'un album, ou d'une vie.

Et que dire du final. Copernic prend l'habitude de nous faire un final inattendu sur chaque titre. Vous savez ce genre de rupture ou le public applaudi comme un seul homme, avant de se raviser, quand les watts repartent de plus belle. Petits farceurs ces petits gars du sud-est, ils font ça aussi sur l'album !!! :)

Et le petit delay analogique sur la fin, il n'y a que la membrane de l'ampli guitare qui ne l'aime pas. Parce que franchement ça déchire bien cette clôture.

Enfin, "The incredible son of Mister M". Impossible de ne pas faire la parallèle avec Noir Desir, à l'époque de "Veuillez rendre l'âme à qui elle appartient" (ou "Tostaky" d'ailleurs). Avec cette acoustique sur-vitaminée, et ce vibrato si reconnaissable. Quand au reste de la bande, ils nous rejouent "Apache" des Shadows. Rien de moins. Probablement le morceau le plus FM de l'album. Sauf que.... et bien sauf qu'à deux minutes, petite sortie de route, le temps de quelques mesures, vers le Pink Floyd de l'époque de Pompeii (enfin du "live à Pompeii" hein, on s'entend !). Et au moment ou l'on s'y attend moins, on retrouve le riff de départ.

Il faut bien conclure quoi qu'il y ai encore beaucoup de choses à dire. Je n'ai pas besoin de recommander cet EP, tout simplement... parce qu'il se recommande de lui-même ! Un nom de groupe original, court, marquant et un graphisme attirant doivent suffire à imposer un "Press Play" quand on passe devant.
On ne peut qu'encourager la démarche de ce groupe diffusant sous Licence Libre et espérer très vite un nouvel opus.

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