Triumviral - Aux racines du blues et en français dans le texte

Chronique de l'album "Ad Gloriam" (2012)

Voilà un album bien Rock-Roots "à l'ancienne", direct et sans fioriture. Plutôt bien réalisé pour un home made réalisé à deux protagonistes. Belle qualité de jeux globale, en particulièrer en ce qui concerne les différentes lignes de guitares de Jean-Claude qui se complètent admirablement. On notera tout de même un peu trop de va-et-viens dans le champs stéréo sur les leads. Cela dit si on reprend l'histoire du Rock n'Roll en la replaçant dans le contexte technique qui a vu accompagner son essor, on se dit que ce subterfuge de mixage est partie intégrante du choix de ce groupe de Montpellier. Rappelons-nous que dans les années 50, les enregistrements se faisaient sur une seule et même piste et donc que le son ne pouvait être, par essence, qu'en Monophonie. Et puis il y a eu deux, puis quatre, et jusqu'à 76 pistes (aujourd'hui le numérique permet une relative infinité de pistes disponibles). C'est alors qu'est née la Stéréphonie. Et avec elle, l'un des premiers joujoux des techniciens du son étaient alors... le Panoramique ! Je vous parle d'un temps que les moins de 40ans ne peuvent pas connaître... Alors Triumviral, c'était voulu cet effet tournoyant ?!

Revenons à nos moutons. Nous avons là également un son de batterie très propre au regard des moyens techniques du groupe. Les rythmiques sont implaccables, nettes et sans bavure. Nico, qui se dit être un batteur parfaitement autodidacte, connait plutôt bien son instrument.

On regrettera la relative absence de pèche sur la basse que l'on perçoit mais que l'on aimerait sans doute plus lourde, plus grasse. Un simple compresseur aurait de suite corrigé cet "artefact" de mixage. Mais encore une fois, il s'agit d'une première oeuvre et en totale auto-production qui plus est.

Textes et interprétation vocale... c'est peut-être là que l'album sonne le moins pro. C'est d'ailleurs assez étonnant car l'ensemble est bien écrit, non dénué d'humour et de jeux de mots pas "dégueus", comme "Monsieur M." ou la "Culture du blé". C'est chanté très juste et bien envoyé, avec un timbre légèrement rocailleux. Tout ce qu'il faut pour ce genre musical. Alors d'où vient cette réserve de ma part ?... Peut-être d'abord du choix du français. Je me souviens de ce que disait Vladimir Marcus, ex chanteur de Bye Bye Turbin et Checkmate à la fin des années 70 : "Le chant en français sur ce genre musical [pour lui c'était le PunkRock] donne l'impression qu'il s'agit d'un mauvais doublage". Peut-être pas totalement vrai, mais pas faux non plus. Pour compenser, les chanteurs posent leurs phrasés mélodiques (particulièrement les fins de phrases qui retombent) en se donnant un genre à la fois non-chalant et qui envoie du lourd. Ce que l'on retrouve chez les Wampas, Trust ou Téléphone par exemple. Chez Triumviral c'est bien fait mais ça manque légèrement d'un je ne sais quoi... peut-être d'une interprétation plus personnelle.

Dernier point à souligner et non des moindres, l'inscription entière et pleinement assumée du groupe dans le monde de la musique sous licence de libre diffusion.

Il se murmure qu'un nouvel album se profile pour 2015, l'occasion de voir comment Triumviral aura évolué ces 3 dernières années.

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