A Million Little - Metal sauce FM et juste une pincée de Prog'...

Chonique du EP "A million Little" (2009)

Voilà un projet musical découvert il y a pas mal de temps déjà (sur Soun Music) et sur lequel je n'ai encore jamais posé d'avis public. Métal, Prog', Pop... sont les 3 genres qu'ils évoquent pour se décrire succintement. De quoi attiser ma curiosité. Et c'est en effet, au coeur des ces 3 univers que se place cet album.

Soyons clairs d'emblée, nous sommes face un quintet maîtisant à la perfection son art. Techniquement, 4 morceaux irréprochables et une production parfaitement léchée. Des lignes vocales de Cat, on ne peux que souligner la grande maitrise des nuances (vibrato en particulier) ainsi que la puissance et le placement des choeurs caractéristiques de ce genre musical. Ses petites touches de violoncelles viennent délicatement atmosphériser les parties plus douces et sensibles ("Childhood").
Tom, quand à lui, dynamite l'ensemble avec ses distos caractéristiques du Métal en quasi permanent doublon dans le champs stéréo. Il nous case des breaks plutôt bien sentis, quelques leads pas bidons non plus.
Si la basse d'Antho se fait souvent discrète, on y trouve quand même un jeu parfaitement fluide et quelques enchainements bien foutus.

Au clavier, Ivan est également assez discret. Le plus souvent, on seul soutien atmosphérique et sans que le mixage ne le laisse jamais en avant. Il faut bien dire que ses choix de sonorités MAO sont souvent assez vieillots. Très années 80 années en fait. Un batteur/Chanteur, ce n'est pas si courant. Seb assure pleinement dans ces deux rôles. Excellent batteur, il faut bien le dire, mais extrêmement desservi par une production pure FM. Un son très sec, manquant cruellement de caratère, d'aspérités, de vivant !

Parce que, je vais y aller franchement. Aussi bons soient les musiciens, aussi homogène et fusionnelle semble la formation, aussi bien construits soient les breaks, l'ensemble reste très fade. Et je le répète, en grande partie c'est la production qui est à mettre en cause. Les compos n'apportent pas grand chose de neuf, on pense au Métal FM des années 90, de Placebo à Evanescence, en passant par... la liste est trop longue ! En fait, en ce qui me concerne, je suis déçu de ce que l'évident potentiel humain et musical de ce projet finit par pondre.

De temps en temps, une vraie lueur tout de même. Quand les 5 d'Aix-En-Provence s'aventurent dans le Prog' atmosphérique (intro et pont central de "Childhood"). On peut penser au Pink Floyd post Waters. J'aime assez le final de ce titre également, sonnant Prog' des toutes dernières des 70's (Ange en particulier).

Le survolté "Off Edge" rythmiquement bien vu, notamment la rupture entre le thème principal et le refain. Refrain d'ailleurs au contre-temps vraiment sympa. Le nécessaire bridge est un cliché du genre jusque dans son placement dans la temporalité de la plage. Consciemment ou inconsciemment c'est un calibrage Médias absolument parfait.

"Insane, inside" a son petit côté Porcupine Tree, mais on tombe encore dans quelques facilités de production (et pour ce titre, j'ajoute une certaine facilité de constrcution), sauvée par l'interprétation vocale, la lead guitar et le pont.

C'est selon moi "Exitium Calls" qui relève la sauce. Plus de place aux atmosphères, les attaques plus "rageuses" ne viennent pas rompre complètement le climat instauré par l'entrée en matière, plusieurs ponts différents, menés par la basse en rupture rythmique. Mis à part ce clavier toujours un peu vieillot et ce son de batterie hyper sec, on a la un bon classique du genre qui ne casse pas des briques mais se laisse aisément écouter et apprécier.

Un EP qui ne peut pas dérouter les fans du genre mais qui ne peut pas non plus, à mon sens, capter un public plus large. En fait, un album 4 titres que j'aurai surement particulièrement apprécié s'il avait été moins sur-produit.

Tout ceci n'est qu'un avis, les débats sont ouverts.

 

 

 

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